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wupperthal : PRODUCTEURS DE rooibos d'afrique du sud
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Situation
Région de Cederberg, sur les plateaux montagneux au nord du Cap de Bonne Espérance en Afrique du Sud
Membres
150 familles de petits producteurs
Producteurs
en moy 1 à 3 hectares de terres cultivées. Cultures vivrières (fruits et légumes) et élevage (moutons et chèvres).
Récolte
Janvier à Mars
Labellisation FLO
2005 |
contexte |
UNE HISTOIRE AGRAIRE MARQUEE PAR L'APARTHEID
Durant l'apartheid, entre 1960 et 1980, plus de 3.5 millions de Noirs ont été chassés de leurs terres pour être relégués dans les homelands ou foyers tribaux. A l'arrivée au pouvoir de l'ANC (African National Congress) en 1994, 60 000 fermiers blancs détenaient 87% des terres cultivables. La réforme agraire mise en place par la suite n'a avancé que timidement malgré un objectif annoncé de redistribuer 30% des terres agricoles en cinq ans. Huit ans plus tard, en 2003, seuls 1.2% des terres avaient été redistribuées à des propriétaires noirs.
L'Etat n'a pas opté pour une réelle réforme agraire, mais plutôt pour une régulation par le marché qui prive 19 millions de Noirs ruraux de terres. Les quelques redistributions foncières se font au bénéfice de fermiers émergents noirs, appartenant à l'élite rurale et disposant de capital investi dans une agriculture commerciale souvent orientée vers l'exportation. La petite agriculture familiale reste le principal "laissé pour compte" de la démocratisation de l'Afrique du Sud.
histoire et organisation de la cooperative |
A l'origine, la communauté de Wupperthal est une mission de protestants allemands moraviens fondée en 1865. Sa population est constituée d'anciens esclaves provenant des fermes voisines qui ont rejoint le village suite à l'abolition de l'esclavage en 1838. Lors du retrait des missionnaires en 1998, elle s'est constituée en association puis en coopérative, reconnue légalement en 2005, date à laquelle elle obtient également la certification commerce équitable (FLO) et le label biologique. Aujourd'hui, plus de 150 familles produisent 120 tonnes de Rooibos et le nombre de membres continue d'augmenter. |
Le Rooibos, une plante ancestrale aux vertus exceptionnelles
Le Red bush ou Rooibos en afrikaans est un buisson du désert dont les feuilles et la tige sont utilisées pour faire du thé. Cette plante qui ne contient pas de théine, est connue pour ses propriétés anti-oxydantes, anti-allergéniques, sa richesse en minéraux et oligo-éléments. Ces arbustes sont endémiques et poussent uniquement au nord-ouest du Cap, principalement autour de la ville de Clan William. Son appellation de "thé rouge" ne fait pas référence à la plante, mais à son processus de fermentation semblable à celui du thé noir.
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Le marché du Rooibos se développe depuis la fin de l’Apartheid, notamment à l’international.
Sa production est passée de 4 500 tonnes en 1998 au niveau national à 9 500 tonnes en 2005.
Bien qu’elle soit une culture traditionnelle des populations natives et noires d’Afrique du Sud,
la commercialisation et l’exportation du Rooibos sont restées maîtrisées par les Blancs. Depuis
le milieu des années 1990, quelques communautés noires et métisses se sont lancées dans la commercialisation de leurs productions.
La production nationale provient à 98% de grandes propriétés qui appartiennent à des fermiers blancs et utilisent une main d’oeuvre noire bon marché. Pour les paysans noirs et métis de la région de Clan William le commerce équitable est une alternative qui leur permet d’accéder à la terre et d’être indépendants.
impact du commerce equitable |
- Effets économiques
Un enjeu pour l’acquisition des terres
Ces paysans métis, longtemps exclus de la propriété foncière, ont travaillé dans les grandes exploitations des Blancs. En outre, en tant que métis, ils n’ont pas ou peu bénéficié des politiques de discrimination positive mises en place à la fin de l’Apartheid. Bien qu’ils aient aujourd’hui le droit d’être propriétaires, les moyens financiers de ces familles sont trop fragiles pour acheter des terrains.
La vente de Rooibos équitable permet de doubler le prix payé aux producteurs et de capitaliser au sein de l’organisation. |
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| Cette capitalisation collective se fait avec le double objectif d’accéder à la terre en rachetant à l’Eglise le domaine de l’ancienne mission protestante et d’investir dans les équipements de transformation et de conditionnement afin de mieux valoriser le Rooibos. |
- Effets sociaux
Au niveau local
La prime de développement FLO a été utilisée pour financer des projets sociaux dans le village : comme la rénovation et l'équipement de l'école mais aussi pour soutenir le développement du projet productif.
Au niveau régional et national
L'association Wupperthal a rejoint en 2005 l’Association Commerce et Equité qui regroupe les organisations de petits producteurs d’Afrique du Sud afin d’être mieux pris en compte par le gouvernement et les institutions.
- Effets environnementaux
Les producteurs de Wupperthal intensifient la production de Rooibos, tout en respectant un cahier des charges biologique, pour limiter la récolte des plants sauvages, mieux maîtriser les temps de récolte, contrôler la qualité et préserver des sols contre l’érosion. Pour se faire ils achètent les plantules aux grandes fermes, à un prix d’autant plus élevé qu’elles sont labellisées biologiques.
La plantule une fois en terre, il faut attendre dix huit mois avant la première récolte. Chaque arbuste produira pendant 9 ans, au rythme d’une récolte par an. Il sera ensuite remplacé par un jeune plant. |
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sources bibliographiques |
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