|
ASOPROAGROIN: ananas et oranges du Costa Rica |
 |
Situation
Province de Alajuela, nord ouest du Costa Rica
Membres
- 1 association de 120 producteurs d’oranges qui cultivent entre 5 à 7 hectares - 3 groupes regroupant 230 producteurs d’ananas qui cultivent entre 1 à 3 hectares
Labellisation FLO
2002
|
contexte |
Coopérative de paysans versus entreprises multinationales
L’économie costaricienne est à la fois la plus industrialisée d’Amérique centrale et la plus ouverte sur l’extérieur. Malgré la qualité des services publics, certaines populations bénéficient en moindre mesure de ces avantages. C’est le cas du nord du pays, une zone rurale pauvre qui vit principalement de l’agriculture.
Dans cette région le climat tropical convient au développement de cultures de rente telles que l’ananas, l’orange, le manioc. Les entreprises multinationales l’ont bien compris et ont mis en culture d’immenses superficies.
On le constate avec la culture de l’ananas sweet, variété dont le fruit, sucré, parfumé et de faible acidité, est très apprécié sur les marchés internationaux. En 2004, la surface cultivée est passée de 10.000 ha à 30.000 ha en 2006. En moins de 10 ans, le Costa Rica est devenu le quatrième producteur et le premier exportateur mondial d’ananas. Face à ces grands exportateurs, les parcelles des paysans ne dépassent guère plus de 5 hectares. Lorsque les circuits d’exportation se sont mis en place, rares étaient les petits producteurs en mesure de les intégrer.
histoire et organisation de la cooperative
|
La création de la coopérative ASOPROAGROIN pour accompagner le développement de cultures alternatives
La coopérative ASOPROAGROIN est née en 1997 avec le soutien d’un projet d’appui aux agricultures paysannes initié par les pouvoirs publics. Le fonds de crédit apporté aux producteurs a permis d’intégrer à leur parcelle la culture d’oranges ou la culture d’ananas selon la région. ASOPROAGROIN fédère une association de producteurs d’orange, trois groupes de producteurs d’ananas et des groupes de légumes, tubercules et bananes. En tout, ce sont 350 petits producteurs qui vendent leur production au travers de la coopérative sur les marchés équitables. Les fruits de qualité ne répondant pas aux normes d’exportation sont transformés en jus dans une usine locale.
|
systeme et mode de production
|
Dans la zone nord, les producteurs cultivaient traditionnellement du manioc et tubercules et maintenaient de l’élevage pour la consommation familiale et la vente locale. Aujourd’hui, grâce aux services d’appui de la coopérative (crédit, assistance technique, commercialisation), les systèmes de production incorporent des nouvelles cultures qui garantissent un revenu inédit pour ces familles.
|
La culture de l’orange |
La culture de l’ananas |

|

|
120 producteurs cultivent l’orange sur une surface totale de 1200 ha sans intrants chimiques.
L’orange est exportée sous forme de fruit frais ou sous forme de jus concentré.
Il faut attendre 5 ans avant la première récolte du fruit.
La récolte de l'orange s'effectue de février à avril.
|
Originaire du Costa Rica, la variété sweet est sucrée, parfumée et de faible acidité.
La longueur des feuilles peut dépasser 1 mètre et leur largeur 7 cm. Leur aspect permet de juger de l’état de santé de la plante et de la vigueur de la croissance.
La première récolte de l'ananas s'effectue 14 mois après sa plantation. Une deuxième récolte est réalisée 12 mois plus tard afin de cueillir les fruits secondaires.
|
impact du commerce equitable |
- Effets économiques
- Un prix stable au producteur qui sécurise son revenu
Depuis 6 ans, les ventes de fruits frais et de pulpes de fruits en Europe et aux Etats-Unis augmentent chaque année. Par conséquent, ASOPROAGROIN a désormais la capacité de payer les fruits et les écarts de triage (fruits ne correspondant pas au cahier des charges pour l’export en frais) des petits producteurs à des prix stables et toujours au-dessus du prix du marché. Le prix minimum garanti du commerce équitable a donc permis de sécuriser les revenus des producteurs associés.
Alors que les revenus moyens d’une famille paysanne de la région nord oscillent entre 2500 et 8000 USD par an, dont 40% en moyenne provient de l'activité agricole, la culture de l'ananas permet de dégager un revenu inédit de 4000 USD par an et par hectare.
- Un renforcement des capacités financières de l’organisation au service des producteurs
Le crédit accordé aux producteurs finance 100% des investissements de mise en culture. Cet investissement productif permet de diversifier les cultures et ainsi limiter les risques de monoculture.
- Des paysans qui restent propriétaires de leur terre
L’augmentation des surfaces exploitées par les entreprises multinationales rend difficile l’accès à la terre pour les petits paysans. Le projet de la coopérative ASOPROAGROIN permet aux familles une activité agricole viable, source de développement pour cette zone défavorisée.
|
|
- Effets sociaux
- Des investissements au service des communautés
La prime de développement FLO est intégralement redistribuée aux organisations de base. Chaque secteur géographique décide l’usage qu’il en fera. Elle sert à mettre en place des projets sociaux pour la communauté (école, dispensaires) mais aussi à appuyer la production agricole dans les zones les plus défavorisées et les plus éloignées de la région : construction de chemins, dons d’intrants, se transformant ainsi en un outil d’intégration de nouveaux villages à la dynamique de développement économique local.
L’articulation de cette dynamique de développement rural au réseau équitable est une garantie pour renforcer les capacités des petits producteurs dans un programme bien balisé par les institutions.
|
- Effets environnementaux
- Vers une conversion en agriculture biologique
Aujourd’hui ASOPROAGROIN, consciente des risques d’une intensification, se tourne depuis plusieurs années vers une production raisonnée d’ananas et d’oranges. En plus, elle mène des recherches pour parvenir à une production intégralement biologique de l’ananas. C’est une innovation très intéressante pour démarquer le produit paysan de celui des grandes multinationales souvent montrées du doigt pour l’usage d’intrants à outrance.
Un autre risque dont est consciente la coopérative est celui de la monoculture tant sur le plan économique que sur le plan environnemental. C’est une tendance qui se dessine en période de prix élevés mais une chute des prix, dû à l’arrivée prochaine des nouvelles variétés dans les pays africains déjà grands exportateurs d’ananas, est à prévoir dans les prochaines années. En réponse à cette problématique, la coopérative appuie des produits de diversification tels que le manioc qui évite aux producteurs d’être dépendant à 100% des fruits et qui évite également la dégradation des sols grâce à la mise en place de rotation (maintien fertilité, baisse de l’érosion,…).
|
|
- Sources bibliographiques

|
Mission Pôle Filières ETHIQUABLE-octobre 2007 |
 |
Consulter le site de la Fondation Proagroin |
|