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el campo : huile DE sesame du nicaragua


Au sommaire

CONTEXTE
HISTOIRE ET ORGANISATION DE LA COOPERATIVE
impact du commerce equitable

Situation : Achuapa, Département de Léon
Membres : Plus de 250 petits producteurs
Type de Producteurs : cultivateurs de maïs, haricots et sésame - surface de 1à 3 hectares

Production : sésame décortiquée et huile de sésame vierge

Certification FLO

Obtenue en 2006

contexte

 

Un mouvement coopératif en crise

 

Le gouvernement révolutionnaire Sandiniste au pouvoir au Nicaragua de 1979 à 1990 a mis en place une politique agraire centrée sur le coopérativisme. Sur le modèle d’autres pays socialistes, l’Etat favorise le regroupement des terres des paysans ou leur alloue des grandes propriétés pour former des coopératives de production, c’est à dire des fermes collectives. Ce modèle est cependant très vite entré en crise. Il ne donnait pas les résultats escomptés et de nombreuses exploitations furent redistribuées aux familles. En 1979, le mouvement sandiniste perd les élections et la candidate libérale Violeta Chamorro devient présidente de la République. Les coopératives de productions sont alors franchement abandonnées. Le système de commercialisation des produits alimentaires (maïs, haricot, riz, etc.) mis en place par des entreprises d’Etat durant la révolution est également démantelé par le nouveau régime. Le marché doit prendre le relais, mais dans cette phase de démarrage les producteurs ne parviennent plus à vendre leurs produits, à accéder aux intrants ou à d’autres services que l’Etat assumait jusque là.

Une nouvelle dynamique coopérative apparaît alors au début des années 1980. Mais ce ne sont plus des coopératives de production encadrées par l’Etat, mais des coopératives de services dont la mission est d’appuyer l’agriculture familiale, de lui apporter les services dont elle a besoin pour assurer sa viabilité (crédit, intrants, formation technique, commercialisation, etc.). Toutes les coopératives associées à Del Campo sont de cette génération. Dans cette région où les agriculteurs produisent du maïs et des haricots pour l’alimentation, et du sésame pour le marché, les coopératives se sont constituées principalement pour assurer la commercialisation du sésame.

histoire et organisation de la cooperative

 

La Cooperativa de Importacion y exportacion Del Campo rassemble 13 coopératives et un ensemble de 3000 petits producteurs de sésame. Cette organisation faïtière mise en place en 1997, réunit des coopératives de base qui se sont créées au début des années 90.

Del Campo dispose d’une importante unité de transformation du sésame. Elle réalise des avances de fonds aux coopératives pour qu’elles puissent collecter le sésame, puis se charge de la commercialisation du produit. Chaque coopérative dispose d’agronomes pour assurer un service d’assistance technique aux producteurs.

La coopérative Tienda Campesina de Achuapa

La coopérative Tienda Campesina a été créée en 1989 à l’initiative d’un cadre de la fonction publique de retour dans sa région d’origine. Au démarrage les fondateurs s’appuient sur un réseau d’épiceries rurales développé par une organisation paysanne nationale, cest pour cette raison que la coopérative porte encore le nom de Tienda Campesina (magasin paysan).
Achuapa est un endroit isolé, à l’extrémité du département, à 120km de Leon, la capitale départementale, accessible par une piste en terre. Bien qu’il y ait des terres disponibles, comparativement à la densité de la population, la région est très pauvre. Délaissée par les pouvoirs publics, les infrastructures routières sont très faibles et les services de santé ou d’éducation sont insuffisants.

Autrefois la région était un des greniers du pays pour la production de maïs et de haricots qui sont les deux éléments de base de l’alimentation au Nicaragua. Mais aujourd’hui, avec l’ouverture aux importations, les prix ont baissé et ces cultures alimentaires ne sont plus rentables. Les paysans ne les produisent maintenant que pour l’alimentation de leur famille.

Le sésame est donc devenu la culture qui permet d’obtenir un revenu monétaire. Les membres de la coopérative cultivent en moyenne 2 hectares de sésame, mais certains d’entre eux n’ont qu’1 hectare et ceux qui disposent de plus de main d’oeuvre familiale peuvent cultiver jusqu’à 10 hectares. Le rendement est d’environ 500 kg par hectare (en culture bio). De nombreux producteurs sont aussi éleveurs. Ils ont des vaches rustiques, 1 à 5 têtes, qui produisent du lait pour l’autoconsommation familiale.

La coopérative Tienda Campesina de Achuapa fabrique de l’huile de sésame, première pression à froid, depuis 1993. Avec l’appui de Del Campo, la coopérative parvient à exporter son huile biologique. La coopérative est certifiée FLO depuis 2006. Elle commence donc depuis peu à exporter dans les filières du commerce équitable labellisées.

La culture du sésame est risquée puisqu’elle est très liée à la pluviométrie. Elle nécessite également de la main d’œuvre pour le désherbage et surtout pour la récolte.

Le désherbage de la parcelle se fait à l'araire

 

Les grains de sésame se situent dans la capsule. la plante est coupée à la base et on constitue des gerbes qui seront laissées à sécher à la verticale pour éviter que les grains ne tombent de la capsule.
impact du commerce equitable

- Effets économiques

La coopérative Tienda Campesina de Achuapa n’a intégré le commerce équitable labellisé que récemment. Plus que d’évaluer l’impact, il s’agit ici d’expliquer les conditions du commerce équitable et d’analyser les conséquences qu’elles pourraient avoir.

- Les prix du commerce équitable :

Le cahier des charges de FLO prévoit pour le sésame un prix minimum garanti au producteur de 35 USD/ 100 livres (45,4kg) + 10 USD / 100 livre de prime de développement. Ce prix stable est particulièrement intéressant pour les petits producteurs car le prix sur le marché local est fortement variable et même s’il est généralement autour de 25 à 30 USD, il peut tomber à moins de 10 USD. Donc la coopérative paye 10 à 20% de plus que le marché local, et lorsque les cours s’effondrent cela peut représenter plus du double.

- La transformation locale du sésame permet de conserver la valeur ajoutée au niveau de la coopérative et des familles.

Grâce à la transformation sur place en huile, la coopérative acroît la valeur ajoutée restée localement. Outre la création d’emploi, la coopérative génère une marge de 28% sur la commercialisation de l’huile qui est redistribuée aux producteurs directement ou indirectement (sous forme de services de formation par exemple).


- Le sésame vendu à la coopérative permet une marge 5 fois supérieure à celle du maïs. La marge nette de la culture du sésame serait de 350 à 400 USD / hectare. Avec en moyenne 2 hectares par famille, une grande partie des revenus proviennent du sésame (en plus des production alimentaires et de l’élevage). On comprend donc combien il est stratégique pour les coopérateurs d’obtenir un prix minimum garanti supérieur au marché pour leur production de sésame.

- Effets sociaux

La coopérative Tienda Campesina vient d’entrer dans le commerce équitable, mais elle a déjà plus de quinze ans d’expérience de travail. Les résultats sur le plan social sont déjà conséquents : des leaders paysans ont été formés, les producteurs ont bénéficié de formation et d’assistance technique.

Un des plus grands succès de la coopérative Tienda Campesina est la caisse d’épargne et de crédit qu’elle a constituée. Dans un village où aucune banque n’intervient et les producteurs n’obtiennent aucun crédit, l’ouverture d’un guichet l’ont peut déposer son argent et obtenir des prêts, est une véritable révolution. Le paiement du sésame se fait à ce guichet, ce qui incite chacun à ouvrir un livret d’épargne. Aujourd’hui, chaque producteur possède un compte. Les crédits d’investissement sont à 10% d’intérêt, les prêts agricoles à 12% d’intérêt et les crédits de commerce à 15% d’intérêt. Les producteurs bénéficient de petites avances avant la récolte afin de couvrir leurs besoins et afin d’éviter de recourir aux prêts usuraires. En général, les familles empruntent des petites sommes pour mettre leur parcelle en culture (40 à 60 USD) et des sommes plus importantes pour l’élevage.

- Effets environnementaux

La coopérative a fait le choix de la production biologique. Les agriculteurs pratiquent les rotations de culture, les jachères et fabriquent des composts. De cette façon, ils évitent l’utilisation d’engrais ou de tous autres produits chimiques. Ce choix est en rupture avec une nouvelle tendance au Nicaragua d’utiliser des engrais chimiques, des désherbants et des pesticides dans la culture du sésame.

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