La rencontre de deux populations du piémont amazonien
La coopérative ORO VERDE regroupe 1000 familles de petits producteurs de café de la région de Lamas sur le versant amazonien de la cordillère des Andes péruviennes. Cette région était autrefois relativement peu peuplée et assez difficile d'accès. La population native, du groupe ethnique Chanka, vivait depuis des temps anciens en valorisant les différents étages de ces régions montagneuses, de la forêt tropicale jusqu'aux hautes terres d'altitude. Une grande partie de la région était alors couverte de forêts primaires, encore peu transformées par l'agriculture.
A partir des années 70 jusqu'à aujourd'hui se met en place un processus de colonisation agricole, suite à la migration des paysans andins, chassés par une trop forte pression foncière dans leurs régions d'origine. Cette colonisation se fait parallèlement au développement de la culture du café.
La coopérative est donc aujourd'hui formée en partie de colons, anciens paysans des Andes, et de Chankas qui réussissent toujours à maintenir leur identité culturelle. Ils parlent la langue quechua, fabriquent et utilisent des textiles traditionnels et gèrent de façon collective leur territoire.
Le café de Oro Verde est l'un des meilleurs crus du Nor Oriente. C'est un café particulièrement doux et équilibré. Dans le cadre du concours national des meilleurs arabicas, le café de Oro verde a gagné une fois la médaille d'argent et une fois la médaille d'or.
IMPACT DU COMMERCE EQUITABLE |
- Effets économiques
A sa création en 1999, la coopérative n’est pas encore insérée dans les réseaux du commerce équitable mais elle trouve des marchés relativement rémunérateurs grâce à la bonne qualité de son café. A partir de l'année 2000, les cours internationaux du café chutent brutalement. Cependant, grâce à son accès aux marchés bio et équitable, la coopérative réussit à maintenir un prix de ventes à l’exportation (FOB) supérieurs à ceux des autres exportateurs du Pérou. Elle a vendu son café en moyenne à 0,78 USD / livre en 2001 et 0,74 USD / livre en 2002 lorsque la moyenne des exportations péruviennes était de 0,50 USD / livre et 0,51 USD / livre .
En 2004, la coopérative parvient à vendre plus de la moitié de sa production en équitable et bio-équitable ; le reste étant exporté sur le marché conventionnel.
Elle obtient alors un prix moyen à l’exportation de 1,11 dollars/livre quand le prix moyen des exportateurs péruviens est de 0,69 dollars/livre. En d’autre terme, Oro Verde a vendu cette année là à un prix presque 2 fois supérieur au prix du marché.
Au cours de la campagne 2007, Oro Verde a vendu 100% de son café sur les marchés équitables : 30% du volume a été vendu aux conditions équitables (119 USD +10 USD de prime de développement) et 70% aux conditions équitables-bio (119 USD +10 USD prime de développement +15 USD de prime bio). En 2007 les cours de la bourse de new York ont varié entre 1,12 à 1,28 dollars/livre entre mai et septembre. Ils étaient donc proches et parfois supérieurs au prix plancher du commerce équitable. Mais le prix d’achat des acteurs du commerce équitable reste supérieur à celui obtenu par les exportateurs locaux, en raison de la prime de développement (10 USD / livre), mais aussi grâce à la qualité du café de la coopérative qui est bien supérieur à celui collecté par les intermédiaires locaux. C’est là le résultat du travail d’appui technique et d’investissement dans la production mené par la coopérative pendant des années. Dans ces conditions en 2007, la coopérative a réussi à payer le café aux producteurs à un prix plus élevé de 10 à 15% par rapport aux intermédiaires locaux.
Lorsque les cours internationaux du café montent le différentiel entre l’équitable et le conventionnel est moindre, c’est là la conséquence du principe du prix minimum garanti. Il reste cependant primordial que les coopératives puissent acheter à un prix plus élevé que les intermédiaires locaux, afin de maintenir la confiance des producteurs.
Il est important de souligner que au-delà d’un meilleur prix, l’impact économique pour un producteur concerne aussi le préfinancement des récoltes effectué par sa coopérative, la formation et l’accompagnement permanent des techniciens de la coopérative.
- Une meilleure qualité du café
En se spécialisant dans la culture du café, les producteurs ont investi techniquement pour l’amélioration du café. Aujourd’hui, chaque famille est équipée d’un équipement lui permettant d’effectuer le dépulpage, la fermentation, le lavage et le séchage.
L’acquisition de ces équipements par les familles a été possible grâce au système de crédit mis en place par la coopérative et à l’appui technique de 9 techniciens financés par la coopérative. La qualité du café obtenu aujourd’hui est sans commune mesure avec celui produit autrefois dans la région. |