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Apecap et APEOSAE: chips de bananes d'equateur

 

           

                     

                   

Au sommaire
Contexte
Histoire et organisation de la coopérative
Système et mode de production

Impacts

- Economiques

- Sociaux

- Environnementaux

Situation
Dans la province de Zamora – Chinchipe, sur le versant amazonien de la cordillère des Andes.

Cantons de Palanda et Chinchipe (APECAP) ; Cantons de Centinela del Sur, Yantzatza Nangaritza y Gualaquiza (APEOSAE)

Membres
2 associations APECAP et APEOSAE regroupant 700 membres producteurs de café, affiliés à la fédération FAPECAFÉS. 141 producteurs de APECAP et 148 producteurs de APEOSAE diversifient leurs revenus avec la banane plantain.

Production

bananiers associés à la culture de café, manioc, maïs et essences forestières

 

contexte

Une région productive mais enclavée

La province amazonienne de Zamora Chinchipe est parmi les plus productives du pays, grâce à ces précipitations pluviométriques importantes tout au long de l'année, et ses fortes températures.  Cependant le relief accidenté et la forêt amazonienne, ont retardé l'exploitation de cette région et le développement d'infrastructure routière.

La colonisation du Sud de la  province, a débuté dans les années 1940, avec l'installation de la base militaire de Zumba (canton Chinchipe). Le développement progressif d'un réseau de chemins en terre battu, a permis l'installation de producteurs de café des régions sèches du versant occidental des contreforts des Andes, de la province voisine de Loja.

En revanche au nord, les populations indiennes « Shuar » occupaient la forêt amazonienne, pratiquant la chasse, la cueillette et l'agriculture sur les rives des cours d'eau. Plus tard, l'exploitation de différents minerais a engendré le développement d'un réseau routier, et l'Etat a impulsé la colonisation du territoire. Cependant, les grands axes routiers ont été aménagés très récemment, rendant difficile l'accès aux familles paysannes : à l'eau potable, l'électricité, les transports en commun, une éducation de qualité. L'enclavement des exploitations agricoles implique un transport pénible des productions agricoles à dos de mules, sur des chemins escarpés et boueux, afin de rejoindre les villages où attendent quelques commerçants. L'accès au marché est donc un enjeu majeur pour les familles paysannes de cette région.

histoire et organisation de la cooperative

 

Appuyer la diversification productive :  du café vers la banane

Dans cette région de colonisation récente, les dynamiques associatives sont rares. Les familles paysannes se sont tous juste organisées entre voisins, pour accéder aux titres de propriétés et organiser les services de base, comme les écoles primaires, l'eau potable, etc,.. APECAP et APEOSAE se structurent à partir de l'expérience des producteurs de la province de Loja, et notamment PROCAP, les pionniers dans le domaine de l'exportation. Ces jeunes coopératives centrent leur activité de collecte sur le café lavé de qualité, dès leur création, et se rapproche de la Fédération FAPECAFÉS pour l'exportation dès 2003. (> Plus d'information sur FAPECAFES)

APEOSAE regroupe 8 associations de base et 20 % de ses membres appartiennent au groupe ethnique Shuar.

Le climat amazonien permet une diversité des cultures au sein des exploitations agricoles. Les membres de APECAP et APEOSAE cultivent 1 à 3 Ha de café, 0,5 à 2 Ha de banane plantain, 1 Ha de cacao dans les zones inférieures à 800 mètres d'altitude, du maïs, du manioc et de la canne à sucre pour la consommation de la famille et des animaux (volailles, bovins). Les familles maintiennent des réserves de forêt amazonienne de 10 à 15 Ha, sur des zones escarpées difficilement exploitables.

A partir de 2005, ETHIQUABLE propose à FAPECAFÉS d'exporter des chips de banane, afin de permettre aux familles de APEOSAE et APECAP, de vendre la banane plantain, auparavant auto-consommée et vendue à bas prix auprès des commerçants locaux.

systeme et mode de production

Le bananier : un arbre ou une herbe?

Née en Asie du Sud-Est, quelques milliers d’années avant notre ère, la banane plantain (Musa paradisiaca L) ou à cuire a été introduite aux Caraïbes au XVIème siècle, depuis l’Afrique, par les espagnols.

Le bananier n’est pas un arbre, mais en fait, la plus grande herbe du monde, car en s’enroulant les unes autour des autres, les feuilles forment un « pseudo-tronc » qui à la différence du tronc d’un arbre ne contient pas de bois. Le bananier est une plante étrange ; ses fruits ne possèdent pas de graines, en outre, lorsqu’on récolte son régime, le pied meurt, alors que, de sa tige souterraine (bulbe ou rhizome) vont pousser des rejets, qui assureront par voie végétative la pérennité du bananier.

Plus de 1 000 variétés de bananiers poussent dans le monde et seules quelques unes sont cultivées de manière intensive.

Quelle différence entre banane et banane plantain?

Les bananiers cultivés (ou cultivars) se divisent entre les bananes desserts (sucrées) et les bananes à cuire, dont font partie les bananes plantains. La banane plantain est un aliment de base de l’Afrique, des Antilles et de l’Amérique du Sud. Sa peau verte est plus épaisse que celle de la banane dessert, et sa chair moins sucrée.

Elle jaunit, puis noircit lorsqu’elle est mûre. La banane plantain n’est pas consommée crue. On la cuit à l’eau, au gril ou on la fait frire.

Une production agro écologique à Zamora.

 

La banane plantain est une plante exigeante. Elle est cultivée de manière industrielle sur la Côte équatorienne, au niveau de périmètres irrigués, et nécessitent des apports en engrais chimiques importants. A l’inverse, les sols riches et le climat humide de la province amazonienne de Zamora, permettent d'obtenir des rendements satisfaisants, sans usage d'engrais chimiques. La culture de la banane fait partie du système agro forestier de production dans lequel elle sert d'ombre au café et lui apporte des compléments nutritifs. Sa culture requiert un suivi important pour lutter contre les maladies, notamment en pratiquant un effeuillage régulier. Elle est cultivée en association à des fruitiers au niveau des « plages » des cours d'eau, et en rotation de culture ou en association avec le café, sur les versants des montagnes. Les précipitations permanentes garantissent une production hebdomadaire, toute l'année.

IMPACTS DU COMMERCE EQUITABLE

- Effets économiques

La stabilité des revenus des membres de APECAP et APEOSAE ne dépend plus que du café. Les commerçants locaux, qui alimentent les villes de Loja et Cuenca, achètent au producteur  le régime de banane plantain entre 2 et 4,5 dollars suivant les périodes de l'année. Les membres de la coopérative APEOSAE et APECAP se répartissent les quotas disponibles pour la banane plantain d'exportation vers le marché du CE deux fois par mois, à un prix stable toute l'année de 5,5 dollars par régime.

Une filière maitrisée par l'organisation paysanne qui permet de conserver une plus grande part de la valeur ajoutée

Sur le prix d'un paquet de chips de banane plantain, 31% revient à la coopérative de producteurs.

 

ETHIQUABLE a accompagné APECAP dans la recherche et la négociation avec l'industriel. Pour ces petits producteurs, le fait d'utiliser les services d'un prestataire extérieur pour la transformation des bananes en chips est une situation inédite. En général, pour s'approvisionner en matière première les industriels utilisent les services des commerçants locaux qui achètent auprès des petits producteurs. En inversant ce schéma, les producteurs se retrouvent dans une position totalement différente puisqu'ils sont exportateurs. Ils maitrisent la filière et conservent la valeur ajoutée.

> Pour en savoir plus sur le projet de Chips de banane d'Equateur soutenu par ETHIQUABLE, cliquer sur l'image

 

- Effets sociaux

Les  jeunes coopératives, APECAP et APEOSAE, sont fières de produire et exporter directement un produit apprécié en Europe. Elles deviennent des acteurs économiques de référence dans la province, et constituent des interlocuteurs privilégiés des programmes d'appui et de l'Etat, qui cherchent à structurer et à améliorer l'accès aux services. APECAP a mis en place un fonds de pension, auquel cotisent les membres, et qui sera restitué au moment où la personne se retire de la coopérative. Ce fonds alimente par ailleurs le fonds de crédit pour la production proposé aux familles membres.

 

- Effets environnementaux

Les parcelles de banane plantain sont améliorées au niveau technique (effeuillage, traitement raisonné de la récolte, coupe de la fleur) afin d'augmenter les rendements de transformation en chips. De plus en plus, les producteurs stabilisent la culture sur le long terme. En apportant des engrais biologiques, comme du compost, les membres des coopératives délaissent la pratique de rotation, qui les obligeait à trouver une nouvelle parcelle tous les 4 ou 5 ans,  au détriment des réserves de forêts familiales. Par ailleurs, la banane plantain est cultivée en association à des arbres d'ombrage, qui favorisent la lutte contre l'érosion des sols, et  contribuent au maintien de la biodiversité de l'écosystème amazonien.

                 

 

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